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Envol pour le Japon avec BDA

Envol pour le Japon avec BDA

L’histoire d’amour entre le Japon et la chanson française se résumait à la « MireilleMathieumania ». Mais ça c’était avant. En juin dernier, le groupe tarbais Boulevard des Airs a rendu une petite visite à nos amis nippons. À coup sûr, les lycéennes les ont trouvés kawaii (ou plutôt kyuto, cute quoi). Mais à coup encore plus sûr, en mélomane averti, le public japonais a été conquis par l’énergie et les mélodies de BDA. Retour sur un voyage tout sauf banal avec l’un des chanteurs du groupe, Sylvain Duthu.

« C’était un peu inhumain »

Yvette : Bonjour Sylvain, alors comment Boulevard des Airs s’est-il retrouvé au Japon ?
Sylvain Duthu : Notre ami le chanteur Vianney a donné quelques concerts au Japon. Quand une radio lui a demandé ce qu’il écoutait, il nous a cités, une chanson a été diffusée et plein d’auditeurs ont appelé. Puis on a enregistré un titre avec Zaz qui est une star là-bas. Le label indépendant Respect a alors décidé de sortir notre album Bruxelles au Japon en juin, on est donc parti en tournée promotionnelle. Aucun de nous n’avait été au Japon, moi j’avais très envie d’y aller. La musique nous offre ça.

Y. : Pour beaucoup de concerts ?
S. : Au total on a passé 6 jours, le premier concert à l’Institut français de Tokyo a été annulé à cause du mauvais temps, on a donc fait les touristes. Le deuxième jour on a joué à l’Institut français de Yokohama et le troisième on a joué dans un petit club de Tokyo. Puis les deux derniers jours, Flo [Florent Dasque] et moi on a répondu à des interviews… à la japonaise. C’est-à-dire de 9 h à 20 h dans un bureau, chaque journaliste avait une heure, c’était un peu inhumain, mais il y a quelques beaux journaux qui se sont intéressés à nous et qui posaient des questions vraiment profondes. C’est très différent d’ici.

Y. : Quel accueil votre musique a-t-elle reçu ?
S. : Les amis qui étaient passés là-bas nous avaient parlé d’une ambiance étrange : calme et respectueuse, limite silencieuse. En fait ça chantait, ça participait, ça applaudissait. L’accueil était top ! Et puis on a rencontré un artiste avec qui on a joué lors d’une soirée « tandem », une demi-heure pour chaque groupe et une demi-heure ensemble. Un très bon guitariste qui se lance dans le chant. Il cartonne avec un style musical qui ne marcherait pas du tout ici, des chansons très lentes qui durent 7 minutes.

Y. : Est-ce que les voyages vous inspirent musicalement ?
S. : Ce n’est pas automatique, il faut que ça infuse.

En images

L’artiste photographe bagnérais Nöt a accompagné les membres de Boulevard des Airs dans leur voyage dans l’inconnu. Il en est revenu avec une série de photos magnifiques, intimes, posées ou prises sur le vif, dont Yvette vous offre une sélection inédite, accompagnées par les impressions de Sylvain Duthu.

« Le métro tokyoïte, début du voyage. Tout le monde écoute Kenichi, le directeur du label qui sort notre album au Japon. Il prend un soin fou à être notre guide durant tout notre séjour, beaucoup d’anecdotes, de bienveillance et surtout beaucoup d’humour. L’homme à la casquette blanche, au second plan, qui le regarde, est un professeur de français, c’est lui qui a traduit les paroles du livret de l’album. On y voit beaucoup de parapluies, nous sommes sûrement le premier soir, le concert a été annulé à cause de la météo, nous nous dirigeons vers notre premier repas et nos premiers sakés. Plus tard, le troisième jour, Kenichi refusera un saké que Jérémie et moi lui offrons, à cause de ce premier soir en légère forme d’excès »

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« Il faut descendre quelques marches, pousser la porte, et se déchausser. À cet instant, face à nous, un peu plus d’une cinquantaine de personnes en tailleur et en chaussettes reprennent nos refrains les plus chantants. L’instant est unique, nous sommes à l’autre bout du monde, le guitariste à ma gauche s’appelle Takuya Miura et nous accompagne sur la dernière demi-heure de notre set. Entre les morceaux je parle en français, personne ne me comprend à part les quelques expatriés présents. Peu importe, nous jouons pour toutes ces oreilles attentives et tous ces sourires sur ces visages inconnus ».

« Voici Takuya de plus près. Nous n’avons aucune langue en commun et nous voilà hilares à la fin du concert. Nous reprenons tous les deux « Aux Champs-Élysées », moitié en français, moitié en japonais. À cet instant, on doit être en train de mixer les deux versions de manière désordonnée, ce qui nous amuse beaucoup. Sur la guitare de Takuya, on voit l’ombre portée de Nöt qui nous accompagne durant tout ce séjour et qui prend cette photographie« .

« C’est encore Kenichi que tout le monde écoute et regarde attentivement. Il nous enseigne une manière de se souhaiter bon appétit ou de saluer la fin du repas, je ne sais plus. La technique consiste à écarter les mains et à les rejoindre, en un seul et unique « clap » simultanément avec tout le monde. Ce moment mettait beaucoup en joie Kenichi, et nous-mêmes par ricochet. Derrière moi, après l’intervention du gérant du restaurant, la fenêtre est restée fermée malgré ma tentative de l’ouvrir à cause de voisins fumeurs ».

« Trop peu de jours sur place pour oser dire que désormais on connaît le Japon. À peine avons-nous survolé la capitale. Beaucoup de temps passé ici à prendre des clichés car en effet c’est visuel. Le genre d’endroit où jamais on irait si nous étions en vacances ici, ou alors une seule fois, pour le voir. Immeubles qui grattent le ciel, publicités omniprésentes et sonores, des humains comme des fourmis, un carrefour comme une fourmilière. Et nous quatre, immobiles, suspendus, au milieu de la foule ».

 

 

 

« J’aime bien cette photo. Le passage piéton semble être un escalier qui ne s’élèverait pas car les marches seraient plates. Sur cette illusion, il y a mes potes, et des dizaines d’inconnus dont l’histoire et le passé nous échappent totalement. Et nous sommes étrangers, ici à cet instant, absolument ».

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