2e édition d’Enz’Horgues – graffé dans la roche

2e édition d’Enz’Horgues – graffé dans la roche

Dans ta tête, un mec qui fait des graffitis sur les murs c’est un délinquant qui joue à cache-cache avec la police et qui pollue visuellement l’espace public ? Lis donc cette interview pour te mettre à la page. On parle d’artistes au sens le plus noble du terme. Les œuvres d’Enzo sont tout autour de nous à Tarbes et aux alentours, et sa renommée a totalement franchi les frontières de la Bigorre puisqu’il a maintenant pignon sur street aux états-Unis. D’ailleurs, tout son réseau international sera de retour pour la deuxième édition du festival Enz’Horgues les 13 et 14 septembre.

Yvette : Peux-tu revenir un peu sur ta jeunesse ? Montre pattes blanches… tu es d’ici ?

Enzo : Je suis né à Tarbes et j’ai grandi à Barbazan-Debat. Je suis allé au collège Paul Valery, puis au lycée Théophile Gautier et à La Sède avant de partir faire mes études supérieures à Toulouse dans une école de design. J’ai ensuite obtenu un master en direction artistique de la publicité.

Tu étais le genre de gamin qui dessinait sur les tables en bois de l’école ?

Exactement ! De ouf ! D’ailleurs ma signature vient de là. J’écrivais « Enzo » comme ça sur les tables en bois de l’école. Quand j’ai eu l’opportunité de faire de tout ça mon métier, vu que je ne me voyais pas comme un vandale obligé de se cacher, j’ai gardé cette signature.

Comment l’art est entré dans ta vie ?

Je pense que les prémices me viennent de ma grand-mère paternelle. Elle était peintre. Mon père tenait l’hôtel restaurant Le Rustique et du coup ma mamie me gardait souvent. Je devais avoir 4 ou 5 ans. Il y avait toujours de la peinture à l’huile, de la gouache… Ma mère avait tout le temps des feuilles et des feutres dans son sac pour m’occuper.

Quand as-tu compris que l’art allait devenir ton gagne-pain ?

Au départ c’était plutôt un truc de potes. À l’époque, la mode c’était le commerce international. J’ai voulu faire comme les autres mais je ne m’y suis pas du tout retrouvé. J’ai vraiment eu envie de vivre de mon art et un jour j’ai vendu une fresque alors je me suis dit que c’était possible. Je bossais de temps en temps au resto et j’ai gagné en 3 jours ce que je gagnais en une semaine. J’ai tenté et mes parents m’ont soutenu car j’avais mon diplôme en poche.

De quoi t’inspires-tu ?

De tout plein de choses. J’ai fait histoire de l’art donc je suis inspiré par Géricault, les vanités… le pop art aussi évidemment avec Warhol. En fait je m’inspire de tout. Je suis ouvert à toutes formes d’arts. Aujourd’hui, en matière d’art qui a du sens, tout a déjà été exploité, traité. Actuellement je travaille sur la lumière, sur les contrastes. Le Radeau de la Méduse… les jeux de lumière sont dingues.

« Tout sauf des mecs bourrées qui font des gribouillis sur des murs »

Le succès qui te tombe dessus actuellement, c’est plutôt une reconnaissance méritée ou un poids ?

C’est une reconnaissance bien sûr. Mais tout va très vite pour moi et il faut être vigilant et garder les pieds sur terre. Ce qui m’arrive actuellement est hors norme mais je le vis seul. Je suis invité dans des endroits incroyables mais j’y suis seul. Tout ça est fou, mais il y a aussi une forme d’isolement. De passer de Barbazan à des plateaux télé aux USA, d’être reconnu et respecté dans le milieu par des mecs qui ont 20 ans de plus, ça reste un truc de fou.

Parlons du festival. L’an dernier, première édition, gros carton…

Le projet est né avec Jean-Michel Ségneré, le maire d’Horgues. L’ancienne école du village qui fait partie de l’histoire locale, avait besoin d’être repeinte. L’idée est née de le faire avec un collectif street art. J’ai sollicité des potes artistes internationaux et ils ont répondu présents. Je voulais rendre tout ça mainstream. Montrer que c’est tout sauf des mecs bourrées qui font des gribouillis sur des murs. On attendait 500 personnes en ce qui concerne le public et on a arrêté de compter à 3 000.

Comment ça se déroule exactement ? La deuxième édition sera identique ?

Chaque artiste a sa face à faire. Le public assiste à ça, au milieu des échelles et des nacelles. Il y a des discussions, des échanges, on fait des photos avec les enfants, des dédicaces. Il y a des activités toute la journée avec de la danse, des battles, des ateliers avec les enfants, des objets à customiser et à gagner à la loterie, des initiations… La 2e édition sera identique si ce n’est qu’il y a aura plus d’artistes et que la couleur sera orange là où la première édition était bleue. Il y aura toujours des food trucks, un bar, de la musique. Petite nouveauté, au lieu de se terminer après les journées de samedi 13 et dimanche 14 septembre, le festival d’achèvera le mardi 16 à la galerie d’art Valera place du Foirail avec une expo et une vente des toiles des artistes qui sont tous bénévoles je précise.

Enz’Horgues, 2e édition
les 13 et 14 septembre
7 rue des Pyrénées à Horgues

Gratuit et ouvert à tous
enzhorgues.com

1280 1280 Yvette, Agence de communication et le Mag Tarbes

Audrey SANZ

Responsable agence de communication

Paul DALLA-ROSA

Directeur de la communication et de la commercialisation

Vincent DALLA-ROSA

Responsable commercial magazine